5 jours à Port-Cros

Palinurus elephas - langouste 02Voilà venu l’aqueduc de la Pentecôte. Exceptionnellement l’Education Nationale permet à Anne (et aux autres enseignants) de faire le pont ! On rajoute le mercredi pour rallonger un peu le tout. Et nous voilà partis pour 5 jours sur l’île de . Nous prenons mercredi matin la navette au départ du Lavandou… A peine arrivés sur l’île, et sans avoir le temps de faire connaissance avec les moniteurs du club qui vont devoir nous supporter tout le long WE, il faut s’équiper, le bateau de plongée va bientôt partir…
Nous commençons donc par explorer la pointe de la Galère qui se situe au nord-est de l’île de . Le site est formé d’une arrête rocheuse qui plonge de la surface jusqu’à une trentaine de mètres dans le sable blanc. Le fil rouge de la plongée sera tenu par les nudibranches qui parsèment le site. Avec notamment la rencontre d’une Tylodine. Les roussettes (un petit requin) du coin ont l’air d’avoir apprécié le printemps et ont laissé une myriade d’oeufs sur les gorgones.
Pendant la pause de midi, nous faisons connaissance avec Joëlle qui nous indique notre chambre. Elle est un peu à l’écart du village dans un coin tout tranquille. Nous prenons donc possession des lieux.
L’après-midi, nous allons sur un site peu connu nommé le sec du sous-marin. Ce nom lui a été donné car la forme allongée avec une roche qui ressort fait penser à un sous-marin avec son kiosque. Un filet nous accueille sur le site rappelant que la pêche est autorisée pas si loin de la réserve que cela. Le site se démarque principalement par la présence de nombreuses langoustes. Leur indifférence envers les plongeurs montre bien que le site est peu pratiqué. Quelques alcyons ont également colonisé des gorgones.
Le soir, nous nous baladons sur l’île. Notre périple s’arrête sur la plage de la Palud où se situe le sentier sous-marin.

Après une bonne nuit de sommeil, direction le sec de la Gabinière. Ce sec se dresse au sud-ouest de l’île de la Gabinière. Il est manifestement en continu longé par un fort courant venu de l’est. Sous l’eau, c’est un petit paradis, les mérous se partagent les lieux avec les dentis. La partie est expose une forte densité de gorgones. Une fois là, on a du mal à quitter les lieux… La partie ouest du sec est moins specataculaire, mais il y a quand même beaucoup de gorgones blanches. La faille qui sépare les deux parties est parsemée d’anémones jaunes encroûtantes. C’est une plongée à faire, à refaire et encore à re-refaire ;)
Un bon repas plus tard et nous voilà sur le sec de l’escalier. Le club accueille pas mal de baptêmes et pour faciliter la chose, le mouillage se fera sur la pointe de Montrémian. Mais les palanquées autonomes sont plutôt lâchées sur la piste de ski… Ce sera donc une plongée orientation avec un peu de palmage. La rencontre la plus insolite sera celle avec un planaire albinos de Méditerranée. Nous repérons également une grosse pierre plate cassée. Chaque recherche sous cette pierre apportera son lot de surprises. Pour cette plongée ce seront deux congres… A la sortie de l’eau, nous aidons Livia, Sophie et Laurent, les moniteurs du club, à équiper les derniers baptêmes pas encore partis… Certains ont d’ailleurs une navette à prendre pour rentrer chez eux ! Le retour sera juste juste… Le capitaine de la navette acceptant gentiment d’attendre quelques précieuses minutes les retardataires…
Un gros dodo et hop c’est reparti pour une longue journée. Direction le Donator, un cargo de 78m de long qui a coulé entre et Porquerolles en 1945. Une mine l’a coupé en deux. Il continu de se dresser fier sur le sable. Ses flancs forment des tombants couverts de gorgone. Anne et moi sommes les premiers sur l’épave ! Seuls sur le Donator, ça ne va pas durer… Pour une fois, nous délaissons l’hélice pour profiter un peu plus longtemps des cales ainsi que du pont. La vie est omniprésente à bord. Dans les coins sombres, nous retrouvons des mostelles et des congres tandis que le pont et le kiosque sont envahis de mérous et de sars. Nous sommes chanceux, il n’y a pas un brin de courant et nous nous offrons un dernier survol avant de remonter. Nous faisons nos paliers dans un jacuzzi de bulles… C’est maintenant l’heure de pointe, il y a des autobus de plongeurs qui descendent…
Nous profitons du temps qui nous sépare du déjeuner pour gravir le sommet de l’île: le mont Vinaigrier !
Le deuxième site aujourd’hui est la pointe du Vaisseau. J’ai gagné à la loterie du bloc le plus lourd et reste stab pleine toute la plongée… Il y a également eu un échange de masque et celui que j’ai maintenant semble percé… Et pour parachever le tout, ma semi-étanche a décidé d’être complètement humide… Bref, pas glop pour le matériel. Sinon coté faune, on est bien dans une réserve. Il y a des mérous de tous les côtés. Les mulets volent la vedette aux sars… On sort de l’eau et cette fois-ci, c’est la fille de Stéphane (le propriétaire du club) qui doit prendre la navette… Re-belote sur le retour dard dard au port. Mais cette fois-ci la navette est déjà sur le départ quand nous arrivons. Pas trop grave, mademoiselle a un pied à terre sur l’île ;). Mais la journée ne s’arrête pas là pour nous… Ce soir il y a plongée de nuit !
Nous voilà de retour sur le sec de Montrémian. Moyennant quelques instants sur la posidonie à cause d’un petit soucis de prise de cap… Nous voilà sur le même site que lundi après-midi, mais dans l’autre sens. Nous découvrons plus en détail la piste de ski. C’est une grande pente de sable blanc qui descend (vous voyez le truc ;) ). Elle est entourée de deux secs rocheux qui plongent de chaque coté de la piste. Juste après nous retrouvons notre pierre plate cassée (vous suivez?) avec cette fois-ci une invasion de dromies à l’intérieur. Parmi les autres rencontres remarquables de la soirée il y a: quelques petites cigales, des grands pagures et deux petits congres juvéniles tout mimi.

Le sommeil n’est pas long à trouver et quelques heures plus tard, le réveil peine à nous sortir du lit. Pourtant la journée sera de toute beauté. Aujourd’hui, deux fois le même site: La Gabinière Est ! Que demander de plus? La première fois, on se fait larguer côté est et nous retrouvons le bateau à l’ouest de l’île. L’après-midi, le bateau sera mouillé dans la calanque sombre coté nord de l’île. Sinon c’est le même parcours matin et après-midi.
Tout commence par l’immersion. On est accueilli par une famille de mérous qui regardent les plongeurs s’immerger comme des vaches regarderaient un train qui passe. Assez rapidement on descend dans la zone des 40m où de magnifiques gorgones se déploient. On trouve même des gorgonocéphales sur certaines. Puis au bout de quelques minutes, on se dirige vers LE virage. Et quand on arrive au virage, Est/nord, il ne faut pas être à 40m, non, non, il faut être entre 10m et 20m. C’est là que le spectacle se déroule. Une légion de mérous, de sars, de dentis, de barracuda et de castagnoles virevoltent dans un balai enchanteur. Juste un peu après, on s’approche de la calanque sombre. Plus bas, encore une zone où le courant donne force et vigueur aux filtreurs (les gorgones quoi !). Plus haut, la calanque sombre offre un abri sans courant. On y trouve plus de plongeurs que de mérous, mais avec un peu de chance, on peut dénicher une mostelle. Plus loin vers l’est, c’est le domaine des mérous et ils se baladent par banc de 3 ou 4. Les plongeurs les indifférent au plus haut point et c’est tant mieux ! On en redemande des plongées comme ça !

Dernier jour… Pour finir en beauté, on s’offre le petit frère du Donator : le . Là aussi, c’est un cargo qui a sauté sur une mine en fin 1945. Là aussi, l’avant est séparé du reste de la quille. Par contre nous ne sommes pas les premiers ce coup-ci. Des apnéistes nous ont grillé la priorité ! La plongée sur le est assez ludique. On peut regarder dans les cales sans problème. Il y a des coursives bien visibles de l’extérieure. Le tout grouillant bien évidement de vie. Un banc de sars fait la longueurs de l’épave sur babord… Là encore, pas de courant. On s’offre encore une vue “aérienne” de l’épave avant de remonter…
Pour la der des der, on retourne sur la pointe de Montrémian. Cette fois-ci, le site n’a plus de secret pour nous. Nous décidons de rester dans la zone de la piste de ski… Avant de changer d’avis une fois sous l’eau. Comme nous avons plein d’air, nous partons vers le sec de l’escalier… Et une fois en bas du sec, Anne aperçoit un ovni : un poisson lune ! Voilà de quoi conclure en beauté. Et puis en fait, on est quand même retourné à notre pierre plate cassée (oui oui la même). Cette fois-ci, un congre tentait la collocation avec une murène. Nous avons aussi observé une réunion de famille de doris célestes. Bon en y réfléchissant, c’était peut être pas de la famille.. Mais bon, c’est le printemps ;)

Et voili. Un super WE de passé aux cotés de Livia, Pedro, Sophie et Stéphane. Sur ce, bonne nuit !

Les photos des plongées à Port-Cros

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