Plongée vase

Dondice banyulensis - godive 01S’il y a bien un truc qui rebuterait n’importe quel plongeur à priori, ça serait clairement de plonger de nuit, dans de l’eau trouble et froide sur un fond vaseux. Le décor est posé, nous sommes lundi soir, il fait nuit, il fait froid, la visibilité est quasi nulle et le fond est vaseux… Anne et moi nous immergeons… Pourtant, une heure plus tard, ce sont deux plongeurs heureux qui refont surface… Masochiste?
Déjà, premier constat, on y voit rien! On part donc main dans la main pour ne pas se perdre. Le fond est un vaste désert de vase. Le moindre faux mouvement soulève un épais brouillard. Il y a des détritus de tous les cotés. Lister toutes les poubelles croisées serait trop long et mériterait un billet à part entière. Je vais donc laisser ça de coté et me concentrer sur la vie.
Dans les premiers mètres, nous croisons, comme d’accoutumé, des petits poissons qui s’accommodent tant bien que mal du ressac. De manière éparse, de petits coquillages arpentent les dunes de vase inlassablement. Derrière eux, une longue trainée les démasque à plusieurs mètres pour des yeux avertis. De petite étoile peigne semble également se plaire dans ce monde vaseux. Première bestiole étrange, une aphrodite. Sorte de tas de sable sur patte et avec des piquants sur les cotés… Nous passons notre chemin et descendons jusqu’à une vingtaine de mètre, là où la visibilité est un peu meilleure (disons 1m).
C’est la que les rencontres magiques se succèdent à bon rythme. On commence doucement avec 2 congres. Le jour, les plongeurs sont plus habitués à les croiser cachés dans leur trou. Là, ils sont en pleine eau volant à quelques centimètres du fond. Leur nage élégante va de pair avec leur biglosité. Nous en avons vu un se cogner deux fois contre un tuyau juste devant lui avant d’en trouver l’entrée… On est loin du méchant prédateur dévorant tout sur son passage.
Deux yeux rouges à la surface du sable éveillent mon attention. Je les connais ces yeux ! C’est une crevette impériale ! (un gambas quoi ;) ). J’appelle Anne et délicatement, j’enfouis ma main dans la vase pour la soulever. Elle met un petit moment à comprendre qu’elle n’est plus du tout caché dans la vase mais ne semble pas non plus effrayé une fois la révélation faite. poursuivons…
L’eau est chargé, c’est le printemps, rien d’étonnant à ce qu’il y ai des salpes un peu partout. Tandis que je regarde des fils de fer servent de support à des spirographes, Anne m’appelle frénétiquement avec son phare…
Elle vient de trouver le cadeau Bonux de la plongée: un sabre à queue pointue! C’est un poisson de 50cm, argenté, se tenant presque verticalement. Je n’en avait jamais vu… Et j’allais en revoir un autre d’ici la fin de la plongée! Par contre pour les photos, désolé, mais je n’ai pas mieux ^^.
Nous entamons progressivement notre remontée au bout d’une demi-heure. Notre chemin croise un congre des Baléares. Puis c’est un wanafight porteur d’hydraire qui se dresse fièrement devant nous. Arrivé à 5m,Comme le froid nous laisse un peu de répit, nous nous baladons le long de la digue. Là, c’est le paradis des aéoliens. Sur tous les rochers, on peut voir des flabellines, des choriphelles, des hervias mais également mes préférés: des godives ! C’est le printemps et tout ce petit monde s’active… Il y a des œufs de partout !
Pour parachever le tout, au croisement de deux rochers, nous assistons a une réunion de petites cigales de mer; j’en ai dénombré au moins 7 sur un seul rocher !
Alors, je ne sais pas si on est masochiste ou pas, mais nous avons aimé plonger de nuit, dans de l’eau trouble et froide sur un fond vaseux…

Les photos de la plongée

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