10ème Journée Toulonnaise de Médecine de Plongée [compte rendu]

Commission MédicaleJ’en parlais il y a peu de temps, la 10è JTMP à eu lieu en ce 18 novembre dans une salle presque comble de l’hopital Font-Pré.

Le Dr A. Grousset à fait les remerciements de rigueur envers les différents partenaires qui lui ont permette d’organiser cette conférence tous les ans. Il nous a aussi confié que c’était de plus en plus un parcours du combattant. Souhaitons-lui de trouver toujours plus de courage alors, car il serait dommage qu’une telle manifestation disparaisse. C’est en effet un des rares moments ou des médecins hyperbaristes, des chercheurs, des militaires et des civiles peuvent faire passer les nombreuses évolutions qui parsèment la découverte de médecine de plongée vers les principaux intéressés : les plongeurs !

La première présentation à été mené par l’énergique et charismatique Pr. “Tino” Balestra, Vice Président de DAN Europe “Research and Education” . Difficile ici de transmettre tout ce que Tino nous aura fait passer comme messages, voici en tout cas ceux que j’ai noté de manière concise:

  • Le phénomène d’ADD ne se limite pas à des bulles qui passerait du coté gauche vers le coté droit. Il serait lié avec des signaux chimiques envoyé suite aux “blessures” infligés par le monoxyde d’azote
  • La capacité d’élasticité des artères est réduite après une plongée, ce qui réduit l’efficacité du coeur qui rencontre plus de résistance dans sa fonction de pompe.
  • Avoir un détendeur en bouche pendant une heure, ce n’est pas très éloigné d’avoir la bouche grande ouverte pendant une heure… Cela peut provoquer des maux de tête pendant/après la plongée. Les femmes seraient plus touchées… Solution: dirigez vous vers des embouts thermo formables
  • Une étude sur le fait de secouer un plongeur avant la plongée (pour vérifier les dires de certains plongeur sur zod). A montré qu’effectivement, des personnes ayant subit une séance de vibration juste avant la plongée sortait avec moins de bulles circulantes ! La cause en serait l’élimination des noyaux gazeux déjà existant.
  • Une personne ayant régulièrement un entraînement aérobie voit sont nombre de bulles circulantes diminués… Allez courir !
  • Pour une même personne, au fil des plongées, on constate une diminution des bulles circulantes. Un plongeur régulier subit donc une adaptation physiologique à ce phénomène (mais on ne sait pas encore lequel !). Ce qui veux aussi dire qu’on ne commence pas un séjour de plongée par des profondes…
  • Sans rentrer dans le débat de l’augmentation du risque d’ADD chez les fumeurs, en tout cas il est clairement établit que chez les fumeurs les accidents sont plus grave… A quand une interdiction de la cloppe sur les bateaux? A mon sens, même si on est en plein air, il n’y a pas assez d’espace pour que les non-fumeurs ne prennent pas une bouffée involontairement par ci par là… (J’en profite pour pousser un coup de gueule contre ceux qui jettent leur mégot à la mer !)
  • La consommation d’alcool avant la plongée provoque une modification dans la circulation sanguine provoquant directement une augmentation de la taille des bulles circulantes… On ne le dira jamais assez je pense. Pas d’alcool avant la plongée.
  • description du phénomènes des chokes : engorgement du filtre pulmonaire quand trop de microbulles arrivent…
  • les hernies touchant la colonne vertébrales favorisent l’apparition de bulles. (Serge…)
  • Effet préventif du chocolat noir sur la formation de bulles !!!!
  • Aucun effet avéré de prendre de l’aspirine de manière préventive, par contre un paquet d’effet négatif (risque d’hémorragie…)

Ensuite c’est le Dr J-E Blatteau de la Marine Nationale qui est venu nous faire une présentation sur la conduite à tenir en cas d’ADD paradoxal (qui débouche sur des paralysies). Sur ce sujet, pas de révolution. Le traitement indispensable et immédiat doit être au moindre doute l’oxygène et l’hydratation. Ca fait, si le médecin du centre de régulation vous le recommande et si l’accidenté ne comporte pas de contre indication. On peut proposer de l’aspirine, 100mg suffisant amplement. L’accent à été mis sur la rapidité d’intervention, plus l’accidenté arrive vite au caisson, meilleurs sont ses chances de récupération. Il a aussi été dit qu’il fallait répéter les séances hyperbares si la récupération n’était pas complète et ne pas se limiter à une seule séance comme on peut le voir parfois…

Après, c’est un thème peu abordé que nous avons eu l’occasion de découvrir grâce à l’intervention du Dr S. Havard, dermatologue à Paris. Il nous à été présenté cet organe pas comme les autres qui est la peau. Cette enveloppe qui représente quand même un part significative de notre corps : 1,5m² si on la mettait à plat, 5kg ! Elle sert à beaucoup de choses, notamment la protection contre l’environnement, l’interface (communication) avec cet environnement, son (léger) rôle dans la respiration (1% des échanges gazeux).

  • Une des premières applications pour nous plongeur est sa réaction face à la pression et au froid qui conduit à déplacer une grande quantité de son eau vers le système vasculaire (cf : le Pitime pour ceux qui connaissent ^^). Cela à pour effet de conduire à une diurèse et donc à une déshydratation sans impression de soif (le terme d’iso-osmotique à été lancé pour faire bien dans les soirées mondaines). Il faut donc bien boire avant et après la plongée même sans impression de soif.
  • Dans la lutte contre le froid, il nous a été rappelé le rôle du froid. Il nous a aussi clairement été démontré que l’effort physique n’est pas un bon moyen de se réchauffer et à plutôt un effet négatif sur ce point au final ! On a froid => on sort.
  • On a eu le droit à toute une série de diapo -comme seul un dermato peut vous en proposer une- sur les différentes maladies de la peau que l’on peut chopper sur/sous l’eau. De même pour les urticaires de surface. Cœur sensible s’abstenir.
  • Enfin, une présentation des ADD touchant la peau (moins d’1% des cas). Globalement, ils apparaissent entre 30 minutes et 2h après la plongée et disparaissent d’eux même quelques heures plus tard. Donc en eux même sans risque. Par contre ils sont souvent annonciateurs de cas beaucoup plus grave… Toujours même consigne, au moindre doute, s’en remettre à des médecins.

En plein dans mon coup de barre, on a eu une présentation dont je n’ai malheureusement pas le nom de l’intervenant nous présentant les bends (3% des ADD) et plus particulièrement les ostéo-nécroses. Je n’ai pas pris de note désolé…

Pour finir, (et il était temps vu l’heure tardive) le (dynamique!) Dr J-M Pontier de la Marine Nationale nous a présenté les résultats d’une étude sur les conséquences de l’exercice physique avec la plongée. Les résultats rejoignent ce qui nous a été dit lors de la précédente édition de la JTMP.

  • Faire un effort physique 2h environ avant la plongée réduit de manière significative le nombre de bulles circulantes. Par effort physique, il y a deux choses à entendre en fonction de votre sportivité. Pour ceux qui pratiquent régulièrement un activité physique et qui sont déjà bien entrainé (forte Vo2 Max) un effort modéré de 45minutes à l’effet souhaité. Par effort modéré on entend par exemple un footing durant lequel on peut discuter tout le long… Pour ceux qui n’ont pas cet entrainement, le tableau est moins rose puisque il faut faire un effort soutenu pendant 45 minutes ! Par soutenu, vous pouvez comprendre que personne n’aura les ressource pour parler pendant le footing…
  • Une piqure de rappel à été faite pour ceux qui en sont resté au palier de défatigation (dinoplongée quand tu nous tiens^^). Il faut durant les paliers favoriser la vascularisation pour favoriser l’élimination de l’azote dans les tissus lents. Il faut donc garder un minimum d’activité au palier (palmage, embêter les autres, gratter la coque…). Si on ne bouge pas au palier (statique en tenant la chaine) on réduit le rythme cardio-respiratoire freinant la chaine de désaturation. CQFD.

20h30, fin de la conf. En tout cas cette édition aura été très interressante point de vue contenue. On attend déjà avec impatience la prochaine édition.

Le recueil de l’année précédente et de cette année sera disponible si tout va bien vers pâques dans les fournitures de la FFESSM

PS : tout ceci est mon interprétation de ce qui a été dit. Certaines coquilles, voir des erreurs (monumentales) ont pu se glisser dans le tas. Merci de me signaler si vous en voyez…

PPS: Je relis mon texte, c’est un peu le bazar et ça mériterait d’être un peu mieux structuré mais bon… Si quelqu’un veux faire mieux, je suis preneur ;).

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One Response to 10ème Journée Toulonnaise de Médecine de Plongée [compte rendu]

  1. Anonyme says:

    MERCI C EST TRES BIEN

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