Balade en Bavière

Samedi 25 octobre 2008

0928 Plansee ambiance brumeuseAprès 22 mois (ou presque) de vie commune, j’ai réussi à décider Charles à m’accompagner en pays teuton pour les vacances.
Nous nous sommes mis en route dès le premier jour des vacances. Départ de Mouans Sartoux vers 8h30 (ouah la grasse matinée !). Dix ou onze heures de route plus tard (traversée de l’Italie, passage du Brenner et nous évitons l’autoroute autrichienne), nous arrivons grâce à Tom dans notre premier hôtel : le Landgasthof Röfleuten, déserté et en pleine campagne. Affamés et fatigués, nous prenons courage et entrons. Les gérants en sont à la veillée, mais nous accueillent chaleureusement. Comme les cuisines vont bientôt fermer, nous nous décidons vite fait pour des escalopes viennoises et des desserts locaux (Apfelstrudel et Blaubeerenpfannkuchen). Charles réussit à capter quelques mots lors des discussions avec l’hôtesse (beaucoup !!). L’estomac très plein, nous découvrons une chambre spacieuse et nous préparons à passer une bonne nuit, la première en !!

Dimanche 26 octobre 2008

1136 Linderhof face à la montagneOu comment Charles découvre le petit déjeuner allemand et en abuse… Charcuterie, fromage, œufs, confiture… Très bon tout ça, surtout arrosé de jus d’orange, mais le mélange est détonnant pour nos estomacs !
Nous partons pour un petit circuit en voiture. Après des chutes d’eau artificielles près de Füssen, nous longeons le Plansee. Il est tôt et la brume donne un air mystérieux à l’endroit. Petit à petit le thermomètre de la voiture descend jusqu’à -1°C !! Nous poursuivons notre chemin et la vallée nous amène à Linderhof. Le seul château commandé par Louis II et terminé de son vivant. Nous suivons une courte visite en anglais puis partons à l’assaut du parc. En pleine montagne, tout un pan de montagne a été transformé et des curiosités ont été disséminées un peu partout dans la nature. Malheureusement beaucoup sont déjà en mode « protégée pour l’hiver » et donc plus visitables. Dommage, on serait bien entré dans la grotte artificielle de Vénus, construite puis recouverte de terre par l’original monarque… On se rabat sur trois cygnes compatissants.
Un petit détour par Oberammergau, décrit par le Routard comme le plus mignon village de Bavière. Maisons peintes et objets en bois. Une carte postale de la maison l’Hansel et Gretel nous incite à faire deux fois le tour du village pour la retrouver, sans succès. De guerre lasse, nous remontons en voiture et passons enfin devant la maison, cachée à la sortie du village !!
Le cloître d’Ettal ne suffit pas à nous arrêter. Nous sommes en route pour Garmisch Partenkirchen puis le village moyenâgeux de Mittenwald et ses luthiers. Le paysage est magnifique. Nous roulons dans la plaine avec des parois de roche gigantesques juste à côté.
Mittenwald est un village petit et mignon, avec peu de voitures et des costumes traditionnels. Nous flânons un peu puis consultons Tom Tom qui nous annonce que nos bonds successifs nous ont éloignés de plus d’une heure de route de notre point de départ. Oups… Retour sur Füssen. Nous y dégustons du porc, des Knödel (boules), des Spätzle, du chou et une bière, puis regagnons l’hôtel. Charles trie et renomme les photos pendant que je lui raconte le programme du lendemain…

Lundi 27 octobre 2008

1438 le chateau de Neuschwanstein depuis MarienbrückeCe matin, nous remballons tout et partons à l’assaut des châteaux de Hohenschwangau et Neuschwanstein.
Tout d’abord, celui de Hohenschwangau, rénové par Maximilien I, le père de Louis II. Massif et crénelé, rien à voir avec les tours élancées de Neuschwanstein. Après en avoir fait le tour, nous entrons. Toutes les pièces sont décorées et racontent une histoire. Pour suivre les explications, c’est la course contre la montre avec l’audioguide, déclenché dans chaque pièce et sans sommation par le (humain-)guide.
L’intervalle entre les deux visites, rallongé à notre demande, nous permet de nous dégourdir un peu les jambes le long du lac voisin : l’Alpsee. Les canards et LE cygne sont moins amicaux que ceux d’hier. Tant pis…
Les pancartes indiquent 50 minutes de marche pour monter à Neuschwanstein. Nous arrivons finalement avec une bonne avance. Photos, boisson, pause, commérages sur les autres visiteurs et c’est notre tour d’entrer. Ce château-là a été construit par Louis II, un peu mégalo et a largement inspiré Disney pour son logo : bâtiments en pagaille, tours… A l’intérieur, tout est somptueusement décoré. Encore un piano construit pour Wagner et sur lequel il n’a pas posé les doigts. Une salle de spectacle gigantesque… Après la visite, nous rejoignons le pont de Marie, d’où la vue est réputée imprenable. Malheureusement elle est déjà prise par une cinquantaine de touristes. Nous nous frayons un chemin pour voir enfin la façade en travaux du château, c’est-à-dire recouverte d’échafaudages et de bâches.
Nous redescendons par un sentier peu parcouru et faisons route vers Augsbourg.
Tom-tom nous guide sur la « route romantique ». C’est très joli. Il nous amène jusqu’à l’hôtel. Au bout du bout du monde (à côté du parking). Surprise : cette fois-ci la chambre est minuscule, la déco kitsch à souhait… C’est pour une nuit, alors on renonce volontiers au parquet chauffant de notre hébergement précédent…
Nous y mangeons (c’est trop perdu pour oser ressortir de nuit). Poêlée de riz et plat de saucisses (Bratwurst : grosse saucisse de veau). Nous [re-] découvrons la moutarde allemande, douce et parfumée.

Mardi 28 octobre 2008

1630 NurembergChauffage à fond, nous avons dormi correctement. Pour le principe, je râle quand même et nous obtenons une remise sur le prix de notre chambrette. Enfin, encore faut-il réussir à payer : une fois de plus, l’appareil à carte est bloqué et nous laissons du liquide derrière nous.
Tant attendue, Augsbourg nous accueille, humide et grise. Pleins d’espoir, nous faisons deux fois le tour sans être charmés. Les remparts, heu… un grand mur de brique rouge, mais pas assez massif pour nous. Nous voyons la Fuggerei : une cité sociale construite par les banquiers de la ville en échange de prières pour leurs âmes.
Au bout de deux heures, nous remontons en voiture et repartons sans hâte vers la prochaine étape : Nuremberg.
En chemin, nous dégustons des escalopes à Weissenburg. Petit village inconnu mais finalement bien plus mignon que Augsbourg. Na !
Nous arrivons à l’hôtel de Nuremberg en milieu d’après-midi. Le temps de poser le sac et nous nous précipitons à Nuremberg. Le temps est toujours gris (Charles ne sortira pas l’appareil photo du coup !!), mais la ville bien plus attrayante. Des grandes places piétonnes jalonnent la ville, entourée d’une forteresse et de remparts (des vrais !). Quand je dis « nous nous précipitons », bah nous oublions même tout plan ou guide de la ville et errons donc au hasard (c’est marrant aussi). La rivière Pegnitz traverse la ville et offre de belles occasions de faire des photos (je découvre les fonctions de mon nouvel appareil) et d’effrayer les canards…
La nuit tombe à 17 heures, et le froid aidant, nous nous retrouvons vite (après avoir traduit les cartes de 6 restaurants) à table : assortiment de lard, porc, dinde, saucisses, pommes de terre et brocolis pour Charles, rôti de porc à la bière brune, chou, Knödel pour moi, avec une « dunkles Weissbier » (bière blanche sombre). Curieusement, Charles renonce au dessert et je suis sa sagesse.
Tom-tom nous ramène à la voiture, Charles à l’hôtel. Bonne nuit et à demain !!

Mercredi 29 octobre 2008

1105 Nuremberg - LorentzkircheAujourd’hui, c’est comme ça, il pleut !!
Hier, nous sommes arrivés trop tard devant les jardins de la forteresse, qui étaient fermés. Ils sont donc au programme, ainsi que quelques autres trésors de la ville (la plus vieille maison de la ville, l’ancien grenier à blé…) et malgré la pluie, nous partons à leur recherche. Plan collant, mains froides, etc, la concentration baisse et nous tournons en rond dans la ville. Finalement les remparts font un barrage à nos errances et nous les suivons pour retrouver la Pegnitz et finalement le centre ville. Nous nous abritons au chaud et au sec dans un restaurant bien sympathique (Truite et goulasch, de quoi se remettre d’aplomb !!). En repartant, nous nous rendons compte que nos vestes sont détrempées par la pluie, abominable !

Les jardins tant cherchés ne sont plus loin mais marécageux. Nous trouvons un accès au haut des remparts offrant « la plus belle vue sur la ville » et surtout, thème récurant de la journée, un abri au sec…
Etape suivant : le musée national, à l’autre extrémité de la ville (chaud et sec). Il y a un peu de tout et comme le dit Charles « un peu n’importe quoi » : les squelettes de la préhistoire, des traîneaux avec siège chauffant, des vieux costumes, de l’art moderne, des instruments de musique… Comme aujourd’hui, il ferme à 21h, nous avions prévu d’y manger et sommes garés en face. Mais non, la cuisine, elle, ferme à 16 heures !! Nous nous mettons dans en quête d’un endroit où manger et nous réfugions dans un petit bistro (Karlsbrückla : le petit pont de Charles) pour une dernière tournée de saucisses locales et des beignets de pommes, ainsi qu’un Eis und Heiß (traduire « glace et brûlant ») : glace vanille arrosée de framboises chaudes.
L’arlésienne de la journée : le Kaffee Klatsch. Concept pourtant adapté à une journée de pluie froide : on s’assoit dans un café pour manger un gâteau et boire quelque chose de chaud, mais en mangeant à 13 et 18 heures, allez donc intercaler une pause gourmande !
Autre projet à l’eau (c’est le cas de le dire) : le pique-nique. Charles a baladé tomates et radis toute la journée et nous ne savons toujours pas ce que nous allons en faire !!!

Jeudi 30 octobre 2008

1629 c'est joliNous quittons Nuremberg pour Munich, via Ratisbonne (Regensburg).
Nos affaires ont séché. Il ne pleut plus, mais en échange, la température semble avoir encore chuté et le vent nous glace.
Résultat : nous tournons en rond, sans arriver à nous orienter !! Trouver le fleuve, le Danube de surcroît, ça ne doit pourtant pas être si compliqué ! Quand nous y arrivons, le pont en pierre du XIIè est toujours là, et le plus vieux restaurant du monde (si on en croit le routard), ancienne cantine des ouvriers du pont, aussi. Nous y prenons un sandwich à la saucisse (les plus vieilles du monde) et grignotons en marchant. Y a pas à dire, ça réchauffe !!
Nous serpentons ensuite dans les ruelles anciennes pour payer un nouveau tour d’horodateur et manger près de la cathédrale, écrasante par rapport à la taille raisonnable de la ville. Au passage : je ne savais plus si j’aimais de Topfenstrudel, dessert local. La réponse est : Non !
Nous arrivons à Munich en début d’après-midi. Je choisis de profiter du temps restant pour visiter le parc de Nymphenburg, à l’écart du centre ville et pas loin de l’hôtel. Les quelques gouttes et flocons ne nous gênent même pas et nous déambulons quelques heures avant d’avoir vraiment froid et de remonter en voiture. J’avais averti Charles que ce château-ci était surtout destiné à montrer la puissance de la famille royale, et Charles a été bien embêté pour le photographier en intégralité.
L’intérêt de Nymphenburg résidant surtout dans son parc, j’ai épargné à Charles la visite de l’intérieur. Nous avons donc profité du grand canal qui coupe le parc en deux, en amont et en aval du château (environ un kilomètre de flotte, je pense), des pavillons disséminés dans le parc et de la faune locale (canards, cygnes et autre volatiles, citoyens d’un autre temps…).
Enfin, nous découvrons notre hôtel. Tout perdu, mais visiblement confortable.

Vendredi 31 octobre 2008

1938 La porte de Charles (Karlstor)Charles se réveille avec un torticolis qui ne le quittera pas de la journée. Ce matin direction Munich, où il fait allégrement 2°C (brrr). Nous tombons sur la cathédrale Notre-Dame (pas de Paris). Quand nous arrivons sur la place centrale de Munich (Marienplatz) tout est encore fermé. Nous nous baladons un peu sur Viktualienmarkt. Puis au réveil de la place (10h), nous montons en haut du beffroi (84m). De là haut, nous pouvons voir toute la ville et la chaîne des Alpes qui se dessine au loin. Nous nous offrons enfin notre premier Kaffee Klatsch avec vue sur Marienplatz. Les batteries bien rechargées, nous retournons dans le froid pour nous promener dans le jardin anglais (Der englische Garten). C’est un immense parc dans la ville avec de nombreux chemins qui s’entrecroisent. Entre les cours d’eau et les plans d’eau, l’eau y est omniprésente. Les oies, canards et autres volatiles palmés y ont fait leur domaine. Sur le retour, nous commençons un peu à avoir faim. Nous nous arrêtons donc dans une cabane à saucisse dans le parc. C’est en fait une cabane spécialisée dans le tout bio. Charles mange donc une saucisse bio dans du pain bio (miam) et Anne une saucisse bio dans du chou bio (bof). Nous rentrons en ville par le jardin de la Résidence. C’est la partie ouest du boulevard qui ceinture la ville que nous découvrons à présent avec les boutiques de luxe, jusqu’à la Sendingertor. Nous traînons encore un peu en ville, prétextant quelques cartes postales pour nous offrir un second Kaffee Klatsch. 17h, c’est l’heure du carillon ! Les petits bonshommes dans le beffroi se mettent en branle. Des chevaliers font un duel devant la foule qui réagit à chaque événement. C’est un peu kitsch, il faut bien le dire. Nous passons le temps qui nous sépare du dîner dans les Galeries Lafayette le Kaufhof (au rayon jeux ^^). Puis restau, voituro, hotelo, journalo, photos, douchaleau, dodo.

Samedi 1er novembre 2008

1459 le canal sur HerrenchiemseeGood bye Munich, welcome Chiemsee !!
En une heure et quelques tourbillons, nous arrivons à Prien. Embarquement immédiat pour l’île des Hommes (Herreninsel). Après une courte traversée, nous débarquons, et puisqu’on le demande, une visite du château aura lieu en français !!
Il faut marcher un peu pour arriver au château commandé par Louis II (encore lui) et comme nous sommes un peu en avance, nous baladons autour. L’hiver approche et les jeux d’eau sont déjà bâchés. Ça gâche un peu la vue, mais en contre partie, nous avons l’île presque pour nous.
C’est l’heure de la visite. Surprise, 5 autres Français sont là ! Notre guide a peu d’expérience de la visite en français, mais c’est tellement reposant de voir les autres se donner du mal, que nous ne lui en voulons pas. Et puis l’intérieur du château est vraiment intéressant. Entre autres, une table qui monte et descend sur demande (et un peu de sueur de la part des serviteurs), un hall pas achevé (brut de briquettes rouges), des lustres par dizaines…
Nous nous offrons le luxe de déjeuner dans le château (il ne reste que ce self d’ouvert sur l’île). Par curiosité, nous mangeons du Kaiserschmarrn : grosse crêpe coupée en cubes servie avec de la compote de pommes. Verdict : C’est bon.
Balade digestive le long du canal qui va du château au lac, puis visite de l’ancien château / monastère : en fait on accède à un couloir, youpi !
L’humidité précède la nuit et nous chasse de l’île. Chasse à la boulangerie (pas évident le samedi soir) et nous gagnons l’hôtel Zum Ott, au sud du lac. Et c’est bientôt fini d’être en vacances.

La bonne nouvelle de la journée : Sophie-Charlotte, fiancée à Louis II et délaissée, a fini par épouser on-ne-sait-plus-qui-d’Orléans.

Et pour finir, le top 5 du séjour (personnellement, météo et / ou paysage, je ne sais pas, je préfère le sud de la Bavière, campagne, lacs et montagnes…) :
– Neuschwanstein et Hohenschwangau
– Le lac de Chiemsee
– Nuremberg
– Linderhof
– Munich, ses cafés, ses klatschs et le parc de Nymphenburg

Photos de la balade en bavière

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5 Responses to Balade en Bavière

  1. Soni says:

    Coucou les namoureux,

    Charles a fait la promo de ce dernier post et était d’ailleurs tout étonné que je ne sois pas au courant… Il faudra lui dire que je ne suis pas une petite souris, que je ne vis pas cachée dans votre cuisine à l’affut de tous vos projets ;-)

    En tout cas, merci pour ce récit rafraichissant. Mes passages préférés en vrac (top 3) :

    1-> Tom-tom nous guide sur la « route romantique ». C’est très joli. Il nous amène jusqu’à l’hôtel. Au bout du bout du monde (à côté du parking).

    2-> Curieusement, Charles renonce au dessert et je suis sa sagesse.
    Tom-tom nous ramène à la voiture, Charles à l’hôtel. Bonne nuit et à demain !!

    3-> Autre projet à l’eau (c’est le cas de le dire) : le pique-nique. Charles a baladé tomates et radis toute la journée et nous ne savons toujours pas ce que nous allons en faire !!!

    Bisous à vous deux de nous quatre (les léchouilles éléctroniques ne devant pas déclencher d’allergies intempestives).

    Soni & co.

  2. myriam says:

    Belle littérature et magnifiques photos, comme d’habitude :: ça donne envie d’aller faire ces visites par une météo un peu plus clémente. Heureusement que j’ai tout lu avec l’estomac plein, sinon j’aurais eu trop envie de tous ces mets variés et le plus souvent délicieux.

  3. Anne says:

    Hi, hi… Vu que demain il pleut, je vais tenter quelques recettes !!

  4. Maud says:

    Salut vous 2 !
    Quelle naratrice ! Trop bien, et rigolo en plus ! Moi qui m’évade facilement depuis ma propre tête, je suis parti avec vous en Bavière… j’aurais jamais cru qu’un voyage en Allemagne puisse me tenter un jour … (ceci dit, ce n’est pas leur spécialités culinaires qui m’attirent… beurk, saucisses, choux, et pain d’épices…)
    A bientôt
    biz

  5. Po says:

    Vraiment de très jolies photos !
    Bises

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