12ème Journée Toulonnaise de Médecine de Plongée [CR]

Commission Medicale et Prévention de la FFESSMHop un petit compte rendu de la 12ème Journée Toulonnaise de Médecine de Plongée dont je vous parlais il y a peu. Comme d’habitude, tout ceci est à prendre avec des pincettes et ne représente que ce que nous avons retenu/compris de la conférence…

  • Plongée off-shore par PJ Imbert
    Présentation de l’évolution de la plongée off-shore :
    Les bases de la technique ont été importées de USA : Casques en fibre de verre, vêtements à eau chaude, scotch gris (« Powertape »). Petit à petit, on évolue de la plongée en caisson de la Navy à la plongée à saturation de la COMEX : trois équipes vivent au fond et se relaient. On parle alors de « villages hyperbares ».
    Dans les années 80, l’ensemble de plongée est fixé sous le bateau. Cela évite de le monter et démonter à chaque déplacement.
    Plus tard, les structures flottantes ballastées à 15m de profondeur apportent plus de stabilité et ne sont pas sensibles à la houle.
    Aujourd’hui, les bateaux (140 m de long !) sont des ensembles complets. Ils comportent caissons, bannettes, sièges, nourrices, réserves de gaz et tourelles. On passe progressivement à des caissons tout électroniques, qui demandent un personnel particulier.
    Des études sur des recycleurs spécifiques sont en cours pour remplacer le narghilé encombrant des plongeurs pro.
  • Plongées à l’oxygène par Ron Arieli
    Les recherches israéliennes ont rappelé et mis différents points en évidence :
    • la toxicité est fonction de la pression (danger pulmonaire) et du temps (danger neurologique). Des troubles ont été enregistrés dès 3m de profondeur. A ce sujet, une comparaison des normes admises par les différents utilisateurs montre une nette différence entre les normes US Navy et les autres.
    • La mise en relation des symptômes (étude sur 36 accidents) permet de retenir comme signes annonciateurs pertinents au milieu de tous les signaux connus et autres que les convulsions : la difficulté à s’équilibrer et des difficultés ventilatoires (particulièrement l’hyperventilation), ainsi que la migraine, et les troubles de la vision et de l’audition. La perte de connaissance est ensuite rapide (5 minutes) et inéluctable. Des signes de malaise apparaissent ainsi aussi après la sortie de l’eau.
      Il n’y aurait pas de signes isolés mais toujours une combinaison de différentes manifestations.
    • Les expériences du Docteur Arieli indiquent que la perte de connaissance ne survient que quand le taux de CO2 dans le sac respiratoire est élevé.
      Plus ce taux et les efforts sont importants, plus le temps de latence entre les premiers signes et la perte de connaissance diminue : la vasodilatation facilite en effet l’accès à l’O2 (la sensibilité à l’O2 est plus ou moins importante selon les individus).
      En conséquence, la préconisation est de passer des 3% tolérés à 1 kpa de CO2 dans les recycleurs pour diminuer la toxicité de l’O2.
      Les personnes qui ne détectent pas le CO2 et en produisent plus ont davantage de risques de faire des accidents lors des plongées à l’oxygène.
    • Les facteurs favorisant les accidents liés à l’oxy sont l’immersion, l’exercice et le froid.
    • L’étude sur la sensibilité et l’adaptation individuelle à l’oxygène n’a pas été menée à son terme, mais une adaptation est mise en évidence chez les rats. On observe que chez certains plongeurs sensibles, les symptômes disparaissent après quelques plongées.
    • le dosage de chaux dans les recycleurs est particulièrement important. Il n’en faut ni plus ni moins que préconisé. (Effet tuneling sinon)
    • 1.3 bar. Telle est la limite de toxicité de l’oxygène utilisé pur. Dans l’air, l’azote a un effet protecteur, masquant qui permet de supporter une pression d’oxygène plus élevée. L’hélium par contre augment la toxicité de l’oxygène.
  • Recherches DAN ? en vrac par Tino Balestra
    • La médecine hyperbare a débuté en Hollande, grâce à un cardiologue. Ayant besoin d’opérer à cœur ouvert, il a cherché comment apporter de l’oxygène pendant l’opération pour augmenter le temps disponible pour opérer.
    • Il faut adapter la décompression à la nouvelle morphologie des plongeurs.
    • Les vibrations provoquent une dilatation du système lymphatique qui éliminerait les noyaux gazeux.
    • Mise au point d’un outil de mesure d’efficacité du système nerveux, basé sur la fréquence de la fusion de la vision, en fonction de l’âge. Grâce à cet outil, on a vérifié qu’après une plongée au Nitrox on obtient de meilleurs résultats qu’après la même plongée à l’air. On est donc réellement moins fatigué, d’où le bénéfice du Nitrox.
    • Une exposition a une forte pression partielle d’oxygène suivi d’une exposition à une faible pression partielle d’oxygène favorise la production d’EPO (renforce la production de globules rouges et protecteur neurocérébrale). Mais ce n’est pas le cas en milieu hyperbare lorsque l’exposition à la forte pression partielle d’Oxygène est prolongée (l’effet est même inversé).
    • Les résultats des hommes et des femmes sont identiques.
  • Interventions sur les aspects juridiques

    Certificat médical : nécessité de prendre en considération la franchise du plongeur, la compétence du médecin et de la prudence avant de se fier au certificat.

    Récits de règlements au civil / au pénal d’accidents.

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