Egypte: la vallée du Nil

IMG_3433Nous sommes arrivés hier au Caire, avec un départ gris et matinal, une pause rallongée pour cause de neige à Zurich et la traversée au Caire en taxi à l’heure de pointe.

J 11/02/100

Aujourd’hui, notre première expédition nous a portée vers les pyramides. Anne-Cécile avait déjà négocié et réservé un chauffeur pour la journée. A l’inverse de ce qui avait été prévu, nous commençons par Giza, site aux pyramides emblématiques, mais si proche du Caire et touristique que l’ambiance y est intenable. Chamelier et loueurs de chevaux sont partout. En Bon touriste, nous nous faisons racketter pour quelques photos. Un vent de sable se lève et il est de plus en plus difficile d’apprécier le site. Nous nous abritons dans les monuments de la barque solaire de Kéops. Ce bateau a très bien résisté 4000 ans sous le sable. Combien de temps tiendra-t-il maintenant que nous veillons dessus ?
Un aller retour au Sphinx et nous nous dirigeons, en taxi, vers le site suivant, Saqqara, où les premières pyramides ont été érigées par superposition improvisée de mastabas (bac de pierre). Quelques guides parlent français et nous tendons l’oreille quand nous dépassons des groupes.
Dernière étape : Dahchour, qui a terrifié notre chauffeur toute la journée. Quelques demi-tours plus tard, nous y voilà. Cette fois-ci, le site est presque désert et nous profitons du calme. Nous escaladons la pyramide jusqu’à mi-hauteur pour y entrer. Notre longue descente sur des planches patinées nous amène dans les entrailles de l’édifice, et dans son air vicié. Un passage bas et deux escalier plus tard, nous touchons au but : une chambre de pierre. Nous faisons demi-tour et retournons à l’air libre, Marie essoufflée, Charles les tétanisés (NdCharles : intoxication CO2 ;) )et moi cumulant migraine et nausée.
Nous tentons de rejoindre une des 5 autres pyramides encore debout du site quand un policier nous rattrape et nous montre le pyramidion, descendu à coté de la pyramide, un sarcophage, vide, d’enfant, et les anciens puits royaux. La question fatidique arrive « where do you come from? » et pourtant, nous nous en tirerons sans bakchich. Le serviable fonctionnaire nous explique également que toutes les autres pyramides sont à 2km et que le site fermant 20min plus tard, il n’est pas envisageable de s’y rendre.
Nous retournons donc à notre taxi, qui nous ramène à bon port, bercés par la radio qui diffuse des hits de pop, repris en arabe…

V 12/02/09

Aujourd’hui, c’est officiellement le week-end en . Cela signifie que pour la prière, l’accès au mosquées sera fermé et que les salles de prière vont déborder et bloquer les rues. Nous démarrons donc par le Caire copte, vieux cartier orthodoxe de la ville. Ruelles, églises, synagogues…
Après un repas au Centre Culturel Français, Anne-Cécile nous trouve un taxi à destination de la Citadelle. Le lieu fourmille de monde. Les locaux payent quelques L.E. Symboliques et les pelouses attirent les familles… Entre deux mosquées, nous profitons de la vue sur le Caire, ouatée d’une brume de pollution.
Après un goutté et la visite de Zena, coordinatrice d’Anne-Cécile, nous reprenons sacs et baskets pour aller manger au fishmarket, ancien bateau de croisière désormais fixé à quai. Nous y choisissons les poissons et calmars qui seront grillés pour nous et attendons en dégustant divers entrées (aubergine farcies, purée de sésame, purée de tomate et salade variée).
De retour à la maison Anne-Cécile nous brieffe déjà pour le lendemain.

S12/02/2010

Journée de marche dans les ruelles du Caire islamique. Nous suivons les conseils d’Anne-Cécile, restée à la maison, et les explications de Marie, de mosquée en mosquée, suivant un schéma bien établi (enlever les chaussures, se couvrir, visiter, chaussures, bakchich). A Ibim Touloum, nous accédons au minaret et au toit de l’édifice, qui offre une vue vertigineuse sur la cour intérieure.
L’itinéraire d’Anne-Cécile nous fait également traverser un marché. Je ferais bien quelques clichés (épices ; cages de lapins devant les boucheries…) mais s’arrêter signifie se faire accoster, et/ou, payer un backchich, donc nous nous abstenons.
Nous finissons par un retour à pied, trop las pour négocier avec un taxi. De retour à l’appartement, Anne-Cécile nous propose un tour en felouque, mais nous restons et préparons le festin du soir : raviolis pour les expatriées, ratatouilles pour les touristes…

D14/02/2010

Réveil en catastrophe : A l’appel du muedsin, il nous reste 10 minutes pour sauter dans un taxi et filer à l’aéroport… Le premier taxi nous plante au bord de la voie rapide, mais son collègue nous récupère et nous acceptons son prix pour finir le trajet…
A 9 heures, nous sommes à Assouan, nous nous installons à l’hôtel et programmons nos visites. Aujourd’hui Philae. Taxi, bateau, visite, bateau, taxi.
Nous apprécions autant les lieux (le temple, énorme, a été tiré des eaux du Nil et reconstruit sur une île) que l’ambiance : en plus du calme, la population n’est plus la même. Nous avons affaire à des Nubiens, autant intéressés par l’argent des touristes, mais plus francs. Nous repensons à l’ambiance pesante du Caire et à ses mains tendues. Je maudis intérieurement tous les explorateurs qui ont troqué images et discutions contre des verroteries devenues billets et donnent aujourd’hui l’impression d’une mer de mendicité.
Nous finissons la journée par un agréable repas sur les rives du Nil.

L15/02/2010

Journée sans taxi !
Nous prenons le bac pour l’île Éléphantine. Son extrémité abrite une succession de temples et constructions étalées sur environs 3 millénaires. Les couches se croisent et se superposent. Des fouilles sont encore en cours et quelques pièces sont exposées dans le musée (ancien pavillon colonial) et son annexe. Nous voyons des sarcophages, des têtes momifiées, et des objets datant de la préhistoire.
Sur le site archéologique, le soleil nous écrase et nous marchons d’ombre en ombre. Retour à la rive. Il faut repayer le bac (sic) et nous sommes les seuls à le faire. Mais comme partout, aucun prix n’est indiqué, donc nous capitulons…
Repas au Panoramic, où le maître d’hôtel nous regarde bricoler en anglais avant d’enchaîner dans un français impeccable…
Enfin, nous laissons échapper toute la chaleur emmagasinée en faisant une bonne sieste à l’hôtel.
A 5 heures, nous nous remettons en route, à pieds, pour le musée de la Nubie. Nous y voyons les traces de cette civilisation de la préhistoire à nos jours, et une exposition sur les bâtiments sauvés, ou pas, des eaux lors de la constructions de barrages sur le Nil. Quand nous sortons, un gamin entonne « gentille alouette » et nous prenons à nouveau le bac pour aller manger sur une île du Nil, dans un restaurant nubien qui nous sert la même chose que les restaurants égyptiens, mais bien plus cher…
Retour à l’hôtel. Demain il faut se lever tôt pour aller prendre le train… pour lequel nous n’avons pas pu acheter de tickets hier.

M 16/02/2010

Départ à l’aurore. Nous arrivons à la gare avec une bonne heure d’avance et nous nous installons comme nous voulons dans le train. Un Espagnol un peu perdu se fie à nous. Pas très perspicace…
L’hotel de Louxor (Emilio) n’a pas de trace de notre réservation, mais nous fournit une petite chambre, préparée à la hâte. Aujourd’hui,le personnel de l’hôtel attendra un pourboire en vain…
Après un rapide repas dans un jardin, nous rejoignons à pied le temple de Karnak. Un grand espace, planté d’une centaine de colonnes, nous impressionne. Au gré des groupes, nous captons des bribes de très vivantes explications de guide égyptiens francophones, mais le soleil a souvent raison de notre curiosité… A la sortie, une exposition photos sur le site avant sa mise en valeur nous donne la mesure du travail réalisé…
Au retour, nous nous offrons une pause jus de fraise, avant d’explorer le temple de Luxor au soleil couchant.
Repas « chez Omar », bon, sympa, et original et dodo !

M 17/02/2010

La journée est dédiée à la rive ouest, face à Louxor. Annick a trouvé et réservé un guide, par mail et le matin, lui et nous attendons patiemment dans le hall de l’hôtel, une bonne demi-heure avant que la connexion ne se fasse.
Nous commençons par la visite de la vallée des rois. Photos interdites. Dommage. Ce grand cirque de roche et de sable fait office de four solaire. La sécheresse est un gage de la bonne conservation des momies. Nous entrons dans les tombes de Ramses I, Ramses IX, et Toutmosis III. Les files d’attentes sont longues, et sous l’effet de la chaleur, il n’est pas facile de se souvenir de toutes les explications du guide, qui doit rester à l’extérieur. Les peintures, vielles de 4 à 6 millénaires, sont encore précises et fraîches.
Prochaine étape, le temple d’Hatchepsout, première reine d’. trois terrasses superposées s’enfoncent -un peu- dans la montagne, symétriques et immenses. La première série de colonnes, à gauche a malheureusement été rénovée un peu trop courte et dans une teinte rougeâtre, peu locale. Les explications du guide nous permettent d’interpréter correctement les fresques (origine divine d’Hatchepsout, nécessaire à son accession au trône, en Somalie et échanges commerciaux…). Nous visitons encore les temples de Ramses II et Ramses III (un colosse, écroulé, nous permet de mieux appréhender les dimensions des statues) et devenons incollables en mythologie égyptienne et en organisation et construction de temples. Repas égyptien, visite du village des artisans, installés là pour creuser et décorer les tombes royales. Les ruines trahissent l’existence d’un vaste village, avec des maisons de différentes tailles et les deux tombes accessibles sont magnifiques. Les bakchichs se succèdent auprès des gardiens qui donnent quelques explications sur les dessins, auprès du garde qui confisque et restitue les appareils photos… Nous terminons par les deux colosses de Memnon, tristes au bord de la route, au bout d’un vague parking. L’un des deux est entouré d’échafaudages et des dizaines d’oiseaux se réfugient dans les géants de pierre.
C’est fini, et quand le guide nous enjoint de « remercier » le chauffeur, nous faisons les idiots et sortons un chaleureux « merci. ».
Repos dans notre chambre climatisé avant de sortir à nouveau pour dîner au bord du Nil et assister au spectacle son et lumière du temple de Karnak. L’éclairage rend les lieux magiques et des voix nous entourent et résonnent pour expliquer l’histoire du temple. Les sons sont réaliste (impression de porte et de pierre poussée pour nous laisser entrer, bruit de taille de pierre dans les blocs au sol…). Et les colonnes de la salle hypostyle produisent des ombres impressionnantes.

J 18/02/2010

Avion pour le Caire. À l’arrivée, nous montons intercepter à la dépose-minute, ce qui nous fait profiter d’un tarif diviser par trois par rapport aux taxis de l’aéroport. Nous déposons les bagages à l’appartement d’Anne-Cécile avant de suivre Marie dans une boutique pour touristes tenue par des éxpatriés.
Après le repas, Anne-Cécile nous accompagne au Parc Al-Azhar, petite oasis de verdure surpeuplée qui surplombe la ville. Ses amis Anne-Catherine et Damien, avec leur petite Sarah, nous rejoignent et nous entendons monter de toute la ville les appels à la prière.
Comme partout, les touristes sont objet curiosité, et un agent de sécurité inquiété par l’attroupement qui se forme autour de Charles et moi, vient faire la preuve de son utilité en dispersant la foule…
Dernier dîner collectif libanais.

V19/02/2010

Dégustation de cafés arabes achetés par Anne-Catherine et Damien au cours de leur périple. Nous recevons encore quelques nouvelles d’Alain, au coeur d’un coup d’état militaire au Niger, puis attaquons la délicate tâche des bagages. Une fois le puant linge sale plié, nous avons libéré assez de place pour emmener des affaires d’Anne-Cécile et amorcer son déménagement. Il resterait même un peu de place, mais il n’y a plus rien à emmener, et les sacs sont tous à 20kg…

Taxi, aéroport, repas, décollage.

Les photos du voyage

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